DENG DENG : Les forêts en danger

Au Cameroun, les forêts occupent 42 % de la superficie du pays, soit 19 916 000 hectare en 2010 (FAO, 2011). Ces forêts sont indispensables pour la vie et la survie de l’homme à travers les services écosystémiques qu’elles rendent comme : le maintien de la biodiversité, le stockage de carbone, la purification de l’eau, la production de diverses ressources. les forest constituent aussi des espaces de récréation et d’écotourisme. Pourtant elles sont soumises à de nombreuses menaces comme c’est le cas à Deng Deng à l’Est du Cameroun.

Parc de Deng Deng : localisation et présentation générale

Actuellement étendu sur une superficie de 68 264 ha dans la région de l’Est Cameroun, le parc national de Deng Deng (PNDD) a été créé en 2010 dans le but de répondre aux dommages environnementaux et sociaux qui seraient provoqués par le projet hydroélectrique de Lom Pangar. La création de ce parc avait pour objectif principal d’assurer la survie à long terme d’une population emblématique de grands primates et mammifères notamment gorilles, chimpanzés, Eléphants, Bongo, Buffles, Sitatunga, Céphalophes… fortement présents dans la zone, et dont certaines espèces sont en voie d’extinction.

Deng Deng : la menace sur la forêt persiste

Malgré les mesures prises, l’espace délimité en parc national semble faire face d’une part à la pression des activités humaines et d’autre part des effets induits du projet hydroélectrique de Lom Pangar.
Après l’implantation du projet hydroélectrique de Lom Pangar et du parc national de Deng Deng les communautés ont vu leurs environnements et leurs niveaux de vie changer. Ils nous révèlent que :

Impact des activités humaines sur les forêts à Deng Deng (Crédit photo : SAILD)

« trois villages ont été déplacés entrainant la pression sur les terres cultivables, les conflits fonciers et le boom démographique ; vivant de la chasse, la pêche, la cueillette jadis de nos jours la chasse a été interdite, la cueillette aussi car le parc est préservé, la pêche est désormais réservée aux professionnels avec la montée des eaux entrainant ainsi la carence en protéines animales , la destruction des plantations par les eaux , les grands singes et les rongeurs ;l’augmentation du chômage ;les changements climatiques ; l’augmentation des températures, la prolifération des insectes nuisibles et apparition de nouvelles maladie ;le vol dans les champs ;l’insécurité avec le trafics d’ossements etc.».

Ces populations sont dans la désolation et aimerais avoir de meilleurs conditions de vie

Deng Deng : La surveillance forestière pour sauvegarder la forêt

De nos jours, de nombreux outils permettent d’effectuer le suivi du couvert forestier et des pressions exercées sur les forêts à Deng Deng ou ailleurs.

Dans l’optique de vulgariser l’utilisation de ces outils, le SAILD (Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement) a organisé du 09 au 11 décembre 2019 à Bertoua, un atelier de formation des observateurs communautaires et des journalistes sur les outils de suivi indépendant du couvert forestier. Durant cet atelier, les représentants des médias et les communautés ont été outillés sur l’observation indépendante du couvert forestier en général et celui de Deng Deng en particulier via l’apprentissage des outils ci apres :

  • Global Forest Watch ;
  • Forest Watcher ;
  • Atlas forestier ;
  • 2S2D.

l’objectif est de permettre à ses acteurs de signaler les différentes pressions telles que les pertes de couverture arborée, l’installation des sites miniers etc. ce qui participera à la conservation de cet écosystème vital.
de façon spécifique, ces outils permettrons aux journalistes et blogueurs de sensibiliser et de prévenir les autorités et le public de la dégradation d’un écosystème forestier à distance cependant ils pourront aller sur le terrain pour vérifier les informations reçues via les satellites. Les représentants des communautés quant à eux ont été formé à l’utilisation de l’outil Forest Watcher qui est une application mobile. Il s’agissait pour eux d’apprendre à lancer les alertes pour signaler les pressions exercées sur la forêt. A travers cette application ils soumettent des rapports géolocalisés par exemple sur une surface déforestée avec des photos en temps réels.


Monique Laure MANIKWE

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