Cameroun : la SYNAPARCAM engage des plaidoyers pour défendre les droits des communautés auprès des clients de la SOCAPALM

Le 21 septembre 2020, à l’occasion de la journée de lutte contre les plantations de monoculture, les Communautés locales à travers la Synaparcam ont adressé des correspondances aux partenaires de la filiale de Socfin afin d’attirer leur attention sur le non-respect de la RSE par cette agro-industrie.

SYNAPARCAM

La synergie Nationale des Paysans et Riverains du Cameroun (Synaparcam) œuvre depuis sa création pour l’amélioration des conditions de vie des communautés, pour le respect de leurs droits et pour la protection de l’environnement. C’est dans ce cadre qu’elle a engagé un plaidoyer auprès des clients de la Socapalm à l’instar d’Azur et Michelin.

La Synaparcam attire l’attention de Michelin et Azur sur le non-respect des clauses de la RSE de leur fournisseur Socapalm

À travers ses correspondances, la Synaparcam souhaite pousser les partenaires de la Socapalm à exercer une pression sur elle pour une prise en compte effective de la RSE dans ses activités. En effet l’association dénonce de nombreuses dérives.

La violation des droits des communautés

Parmi les dénonciations faites par la Synaparcam, la violation des droits des communautés occupe une bonne place. Les communautés riveraines à la Socapalm « sont privées des terres arables et forêts qu’elles utilisaient, de leurs moyens de subsistance…» d’une part et d’autre part, les conditions de vie se sont dégradées » au fil des années.

Les violences faites aux femmes

Les femmes constituent la couche la plus vulnérable de la population c’est pourquoi l’ODD 5 lui accorde une attention particulière et la Synaparcam également. Ainsi une branche de la Synaparcam a été créée pour dénoncer et lutter contre les violences faites aux femmes. Selon Mme Marie Noelle ETONDE, représentante de cette branche, lorsque les femmes sont attrapées dans les plantations entrain de prélever les peuplements naturels de Gnetum Africanum (Okok) par les gardiens ces dernières sont soit violés soit envoyés en prison. Pourtant elles souhaitent simplement survenir à un de leurs besoins essentiels. Ces femmes n’ont d’ailleurs pas d’autres choix pour varier leurs alimentations car les superficies cultivables ont été réduites au profit de l’extension des plantations industrielles.

La pollution et les risques pour la santé

Dans les correspondances adressées aux clients de cette agro-industrie, les communautés se plaignent de la pollution des cours d’eau due à l’utilisation abusive des pesticides. Cependant, la protection de l’environnement fait partie intégrante de la culture d’entreprise de Socfin selon ce qui figure sur son site internet. Pour faire face à ces pollutions, la Synaparcam a organisé des sensibilisations des communautés riveraines et des travailleurs sur les effets néfastes des produits chimiques sur la santé et l’environnement mais aussi pour faire la promotion des semences locales.

La déforestation

Selon M. Elong ( le Président de la Synaparcam ), SOFIN a pris des engagements « zéro déforestation » et paradoxalement, elle envisage d’étendre ses plantations de monocultures sur des centaines de kilomètres. Pourtant ce type de plantation est l’une des principales causes de la déforestation dans le monde.

La relation controversée entre la SOCAPALM et SYNAPARCAM

Le 08 septembre 2020, s’est tenu au Club des cadres de la SOCAPALM Dibombari une rencontre d’échanges entre la SOCAPALM et le bureau national de la SYNAPARCAM. Il était question au cours de cette rencontre premièrement d’analyser la relation entre la SOCAPALM et la SYNAPARCAM ensuite les revendications de la SYNAPARCAM et enfin de présenter la campagne d’activités envisagées par la SYNAPARCAM pour les deux prochaines années.

Selon le compte rendu de ladite rencontre, la SYNAPARCAM insiste sur le fait que les rapports entre la SOCAPALM et les communautés « ne se sont pas améliorées » au fil des années. L’argument avancé ici est la non-prise en compte de l’aspect participatif dans les activités impliquant les communautés comme celles effectuées dans les sites sacrés. Cet argument est très pertinent car le principe participatif devrait absolument être pris en compte lorsqu’on souhaite réduire l’impact de ses activités sur l’homme et sur l’environnement.

Le Directeur Général de la SOCAPALM, M. Cornet rappelle dans ce même document, les efforts qui sont fournis du côté de l’entreprise pour impliquer les communautés et ainsi que la SYNAPARCAM. D’ailleurs, « échange avec M. Elong régulièrement ». Selon lui, « certaines personnes font des dénonciations abusives ou montées ». Pourtant, à la suite de ses propos, il reconnaît les faits évoqués en lien avec les sites sacrés et s’engage à mener un certain nombre d’activités avec son équipe pour y remédier.

Nous espérons qu’avec les plaidoyers et les sensibilisations engagées par la SYNAPARCAM, la SOCAPALM améliorera sa RSE pour un développement local durable, le bien-être des communautés, la protection de l’environnement et surtout pour une participation de tous au rayonnement de l’industrie camerounaise dans un intérêt commun.

Martine NDO

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